« Vous n’aurez pas ma haine » -Antoine Leiris

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“Vous n’aurez pas ma haine”

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Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

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Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

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Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans.

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Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

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Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

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Antoine Leiris’ letter to ISIS

on November 18th

On se comprend

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Le soleil,

se lève derrière la montagne

se couche sur la vague de mer
pendant la journée
il joue, il regarde, il écoute

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Le mer,

grande comme les pensées

contient des milliers de vies en couleurs

fraîche le matin,chaude le midi

tiède et timide quand le soleil quitte

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Village “Memories”,

belles petites roches

parasols, les cocotiers

et la dame cubaine rencontrée pas loin

désignent ces silhouettes

sur le sable blanc

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Elle est toute bien basanée

comme une statue de bronze

manquant des dents en souriant

Elle m’offre de me faire de belles tresses

nous rions et rions

en disant “No español…”, “no inglès…”

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mais on se regarde dans les yeux

on voit le ciel, des montagnes

et le soleil

on entend la musique de chuuu…chuchu…

de la vague de mer

alors, en fin, on se comprend

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At Memories, Jibacoa, Cuba

October 9th, 2015

II – Le mystère des montagnes suisses – dédié à Janique et Oscar

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La Suisse est un tout petit pays (41 mille mètres carrés) entouré par des montagnes. On ne parle pas des montagnes qui ont peu d’importance, mais d’une chaîne des montagnes parmi lesquelles le Monte Rosa a l’honneur d’être le plus haut point à 4 634 mètres. La partie du sud-ouest est comme un grand bassin avec le Lac Léman qui est à 372 mètres et le 2e plus bas point de la Suisse. Dans les montagnes, on trouve l’origine de 2 fleuves importants – le Rhin et le Rhône – ainsi que deux rivières – l’Inn et le Tessin – qui se déversent aux quatre points cardinaux de l’Europe.

Non seulement les montagnes protégeaient ses peuples contre l’invasion, mais également leurs richesses les nourrissaient.  À cause des glaciers dans les montagnes, source d’eau et humidité, tout pousse au printemps. Il n’y a pas un centimètre carré qui n’est pas couvert par des plantes ainsi il n’y a aucune poussière dans l’air.  Dans les vallées profondes, l’air est aussi pur que l’eau de source est douce. Les peuples de la montagne sont simples et doux aussi.

Raymond, le père de Janique, était varié que son accent suisse et il avait des expressions uniques. Il disait aux gens : “Avant j’étais Jeune et Beau, maintenant, je ne suis plus que ET”. Il est né un fils costaud et sa profession de plâtrier-peintre lui a moulé un corps plus profond, comme  l’acteur Gérard Depardieu. Il riait souvent de son torse en disant qu’il était “Un cimetière à poulets” pour décrire le fait qu’il en mangeait beaucoup.  Malgré son perfectionnisme professionnel, il était parfois trop indulgent, ce qui laissait des fissures dans lesquelles s’inséraient les profiteurs. Mais enfin, la vie n’est pas toujours “Jeune et Belle”, l’“Et” dit énormément plus que les autres mots…

Autant que Raymond, Janique aime la trompette. Elle la pratique chaque lundi soir avec son jazz band, composé par des professeurs d’anglais des écoles internationales du coin et des musiciens locaux. Il n’y a que 3 femmes dans le band de 14-18 musiciens amateurs : Janique, un saxophone alto et l’autre la chanteuse. J’ai vu une vieille photo d’un orchestre prise dans le grand théâtre antique romain à Orange*, dans laquelle il y a avait seulement 2 femmes parmi la vingtaine de musiciens. Dans l’ancien temps, sur tout l’empire romain, les acteurs et musiciens étaient au bas de la hiérarchie mais on leur permettait de grimper les échelles sociales. Par contre, les nobles devenus acteurs n’étaient pas bien vus.

Oscar Bonzon, le mari de Janique, a hérité la ferme de son père.  Il mesure 5 pieds 10 et comme Raymond, a un corps fort avec sa torse très profond. Il parle rarement et de plus, en marmonnant. Je ne peux comprendre que le dernier mot de ses phrases : “…ou quoi. …Ou quoi”. Mais je comprends bien qui il est par son regard tranquille et son sourire aimable. Après tout, il a de l’espace et de la capacité entre ses 2 épaules : l’amour pour Janique et ses 3 enfants, la responsabilité et l’esprit d’entrepreneur pour gérer la ferme sur 3 montagnes, une centaine de vaches et des milliers d’affaires qui ne finissent jamais.

Janique nous a amené à son chalet d’alpage à 1 600 mètres, à la ligne des arbres. On n’a eu d’autre choix que d’embarquer dans sa voiture à 4 roues motrices pour grimper et tenir fort sur les cols raides. Il a commencé neiger à mi-chemin. Il n’y a pas eu d’autre voitures que les notres et les pneus répondaient à mes cris de peur dans les ravins en faisant chuter les roches dans la vallée. Il neigeait plus fort quand on est arrivé. C’est la première fois que j’ai vu la neige tomber en septembre.

En arrivant, Oscar a commencé par allumer un feu dans le foyer sans dire un mot. Aussitôt, la chaleur relaxait les épaules et les dos se détendaient. La chaleur est à la vie comme la musique à l’âme. On vit maladroitement sans chaleur avec nos esprits cachés et grelottants dans le plus profond coin de notre corps. Janique et Oscar ne peuvent pas s’amuser qu’avec les montagnes et vaches, ils étendent leur imagination et expriment leur joie par le jazz band ou la fanfare! La raclette est une recette suisse particulière. Toute simple : le fromage à raclette (une grande meule d’environ 30 cm et 10 cm d’épaisseur) est rôti au feu, accompagné avec des patates et oignons marinés. Oscar m’a donné la place devant le foyer et je l’ai fait moi même! Le fromage donne des frissons aux chinois, mais rôti il ne goûte pas si mal et j’en ai mangé beaucoup.

Vendredi soir, Oscar nous a amené dans un bar-restaurant l’Étable situé à 1 500 mètres. On est parti de la vallée à 400 mètres par les cols étroits sur le coté est. Nos oreilles étaient bloquées par la pression mais ce qu’on a vu nous les a fait oublier. En montant, on avait l’impression que le soleil sur le bord des montagnes ne se couchait jamais et de plus, qu’il nous suivait. Plus haut on se rendait, plus le soleil s’éloignait du bord. Une fois finalement couché, il ne restait seulement que la lumière qui peinturait une silhouette immense en dessus de lui.
L’Étable était vraiment une étable! La tranchée d’urine pour les vaches était couverte par des paires de morceaux de bois qui laissent la lumière pénétrer de l’intérieur. La piste de lumière nous a guidé au band de jazz où Janique joue la trompette.  “Four”, “Fever” et plus. J’étais si proche du band que la musique faisait vibrer mon coeur. La présence de sentiments des musiciens m’a soufflé des frissons qui trempaient ma peau. Janique, entourée par deux beaux hommes de Grande Bretagne et d’Afrique du Sud, courait ses doigts, branlait sa tête et ses yeux m’envoyaient des salutations joyeuses.

 

En sortant, le ciel était déjà plein d’étoiles. C’était une expérience inimaginable! Parmi les montagnes tranquilles et dans un couleur unique où on peut atteindre les étoiles si brillantes et si proches, on s’amusait en écoutant les pièces de jazz qu’on aurait pu entendre dans un bar enfumé de New York dans les années 50! Qui ne serait pas heureusement étonné par ce lieu de rencontre de vie et par ce mystère des montagnes suisse?

I – Gisèle

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Gisèle, une femme française de 63 ans, toute maigre et malade, a eu le cancer il y a 10 ans. Elle n’est pas morte parce qu’elle a trop d’amour à donner aux gens et elle a un esprit entièrement libéré qui trouble la vision de la vie et la mort. Ses yeux, si naïfs comme ceux d’une fille de 2 ans ne sont pas gênés d’exprimer l’amour dans son coeur. En les regardant, je sens déjà que je suis entièrement enlacée sans ses bras.

Elle a des drôles de cheveux sur sa tête, mais ça ne la dérange pas du tout. Comme tous les artistes, le look, bof, ça n’a que peu d’importance! C’est tellement vrai que personne ne dit mot à propos de ses cheveux, la peau de son visage qui descend, ou bien ses mouvements rigides! Ce n’est pas par empathie pour quelqu’un qui va peut-être très bientôt enter dans un autre monde qu’on l’aime, mais c’est juste cette vérité qui nous attire fortement : son amour pour la vie!

À notre première rencontre, j’étais touchée et je me suis sentie bien dans sa peau.  Gisèle m’amenait dans leur jardin énorme, au style champêtre et libéré! Le jardin est situé à coté d’un torrent et est assez grand pour donner presque tout ce qu’elles veulent. Il lui manque un peu d’entretien, mais il y a eu évidemment énormément de travaux et d’efforts. Gisèle aime trop les roches et il y en a vraiment beaucoup parmi les fleurs et légumes qui sont bien placés et arrangés.  Les roches dures de l’infinité contrastent les faibles fleurs de vie qui ne durent que selon leur destinée. Gisèle est justement entre les deux et essaie d’exprimer sa volonté à travers son jardin et art.

Nous étions arrêtés sous une arche de vigne. Gisèle ramassait quelques raisins et les mettaient directement dans ma bouche. C’était de très bonnes grappes mures, pleines de soleil au milieu du jardin. Je sortais ma caméra et demandait à Stéphane de prendre une photo de Gisèle et moi. Elle m’a tenu dans ses bras, sa tête contre la mienne. J’étais un peu gênée d’être si proche d’une femme, surtout d’avoir mon visage frotté comme une chatte en chaleur… mais je ne doute pas que la chatte est bien en chaleur de sa vie et de la mienne!

Demain, on part. Stéphane et moi sommes retournés dire au revoir à 15h30. On a voulait ensuite visiter le soleil couchant sur les montagnes. Leur maison est juste de l’autre coté de la rue partagée par le petit train toujours vide!

La porte était ouverte et nous sommes entrés dans sa cuisine. Gisèle et Monique, qui partagent leurs vies depuis une vingtaine d’années, ont fait des rénovations elles même: le plancher et le comptoir de cuisine, les plafonds des pièces, l’escalier pour montrer au 2e étage, le balcon. Ce qui m’a impressionné le plus est leur salon. Elles ont fait le plafond en vieilles poutres et le plancher en céramique de leur propre design, avec des pierres ramassées en Grèce. Je me voyais facilement dans leurs vêtements de rénovations guidées par l’inspiration et imaginant les moments de joie une fois les projets réalisés…

Elle est une artiste faisant des peintures à l’huile et au crayon. Je n’ai pas eu assez de temps pour savoir si elle a bien fait sa vie avec son art, mais j’assume que ce n’est pas le cas. Parmi des milliers de peintures de Gisèle, cachés dans sa bibliothèque d’art, elle en a amené une dizaine pour nous offrir celle de notre choix. Elle adore la Grèce, la violon et  le violoncelle. Monique et elle sont invitées à visiter Montréal ça fait des années, mais chaque printemps, les deux femmes se regardent l’une, l’autre et décident d’aller en Grèce! Gisèle ne visite que la Grèce! Un de ses amis grec qui jouait la violoncelle est mort, alors elle a sorti 2 peintures de lui et les a gardés pour elle.

Stéphane a choisi une de violon et j’étais tombée sur la couleur bleue que d’habitude je déteste. C’est une peinture toute propre et simple avec des maisons grecques blanches sur la côte et trois bateaux aux voiles blanches sur la mer bleue. On s’étonne un peu des fois de ce qu’on aime et   haïs et on surprend nos fesses encore assises sur les sofas à 21h! Alors où en est la visite de montagnes? Après tout, on suit nos coeurs comme Gisèle; ce qui tient nos coeurs, on les suit. Le temps passait assez vite qu’on laissait les vieilles femmes dormir pour des rêves plus frais.

Les coups de coeur – Préface

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Les coups de coeur

Préface

Mon niveau de français n’est que celui d’une étudiante au primaire, mais je voudrais bien essayer d’écrire en français en croyant que mes histoires vont vous faire oublier mes maladresses de langue. Surtout, pour faire plaisir à Madame Yvette Genet-Volet qui a eu la sagesse d’envoyer ses 2 fils à l’école anglaise et française. Elle est toujours restée intouchable sur l’anglais et a tout fait pour préserver le français au Québec. Je fais mon effort en espérant que tous mes buts soient rencontrés — incluant une amélioration de mon français.

Gisèle — à suivre.